Et si le futur de la TV passait par le HTML ?

“Dans les 5 à 8 ans, tout le monde possédera une télévision sur IP”, du genre Google TV, déclarait en Novembre 2010 Nikesh Arora,  président des opérations de ventes mondiales et du développement des affaires chez Google.

La bataille pour “la prise numéro 1”

L’idée de connecter sa télévision en réseau pour aller puiser dans les périphériques DLNA ou uPnP de la maison n’est pas nouvelle. De nombreux boîtiers multimédia existent, mais en France ces boîtiers ont du mal à faire leur place face aux box des fournisseurs d’accès.

Seulement, quand il s’agit d’y ajouter l’accès aux sites Internet ou aux vidéos en streaming directement depuis le téléviseur, peu de matériel en sont encore capables. Les offres sont timides, et aux Etats-Unis, la mauvaise qualité des connexions Internet empêchant de profiter correctement de ces services en ligne, n’a pas motivé les constructeurs.

Mais les choses évoluent,  la fibre s’installe peu à peu, et les annonces arrivent : Logitech Revue, Boxee, Roku, Toshiba Places, etc .

Le but :

Etre celui qui est branché sur “la prise numéro 1” de la télévision, celle qui est utilisée par défaut par l’utilisateur et passer ainsi devant les box des opérateurs. Le meilleur moyen n’est-il pas d’être le téléviseur lui même ?  C’est ce que commence à proposer les constructeurs avec les « Smart TV » chez Sony et Samsung ou des partenariats comme LG et Orange.

Car sans partenariat, les diffuseurs ont du mal à laisser leur contenu passer dans les box. On l’a constaté avec le blocage de la Google TV par les grands réseaux de chaînes télévisées américaines.
Apple de son côté passe par des accords pour proposer du contenu sur son boitier TV, et la rumeur d’une télévision Apple pointe sur le web, alimentée par la dépense de presque 4 milliard de Dollars pour l’exclusivité et la disponibilité d’un composant électronique spécifique.

L’enjeu :

Un marché de la publicité télévisuelle qui a certes tendance à diminuer au profit des emplacements sur les sites web, mais qui reste tout de même trois fois plus important.

Proposer une expérience continue

Chercher du contenu sur l’ordinateur est simple tandis que regarder un film sur une télévision est plus agréable. Combiner TV, Internet, recherche de programmes, enregistreur, player multimédia, photo, musique, jeux et applications, le tout en prolongement des ordinateurs et  des téléphones déjà présents, c’est la gageure de ces appareils connectés.

Présentation de Google TV

Pour les applications et les sites, après les problèmes de compatibilités entre les navigateurs et les téléphones portables, il s’agit d’un troisième type de navigation à prévoir. La tendance des navigateurs embarqués est heureusement au support du HTML5, qui se pose comme une solution pour se défaire au moins des problèmes de plate-forme.

Construire une interface pour TV connectée

Faire un site ou une application web correctement affichable sur une télévision présente de nombreuses contraintes, notamment au niveau de l’ergonomie et des différentes tailles d’affichage. Google propose un guide d’optimisation des sites à destination des Google TV basées sur Chrome,  dont les principes sont applicables à toute application affichable dans le petit écran.

Pour obtenir une GUI utilisable aisément à 3m sur une IPTV ( principe du 10-foot UI ), voici une sélection de conseils :

  • la taille des textes et des boutons doit être plus importante, 18pt minimum pour une résolution de 720p et 24pt minimum sur du 1080p,
  • permettre la navigation dans l’interface avec la télécommande ou un clavier, notamment avec les flèches directionnelles ( DPad , codes 37 à 40 ) , car même avec une télécommande contrôlant un pointeur, les habitudes seront longues à faire évoluer. Prendre aussi en compte si possible les touches médias ( Stop : 178, Play : 179 etc ),
  • faire en sorte que les sélections soient clairement mises en valeur, et proposer des choix par défaut,
  • augmenter les espacements entre les objets : padding de 10% entre tous les éléments et leur parents,
  • utiliser un jeu de couleur plus sombre, car les téléviseurs sont souvent reglés pour être très lumineux,
  • afficher la progression du chargement des contenus et faire en sorte d’afficher les pages en moins de 3 secondes,
  • proscrire les barres de défilement, surtout verticales qui peuvent masquer du contenu, et agencer de préférence les listes de manière horizontale,
  • bien que le navigateur de google TV adapte la taille de l’affichage en zoomant automatiquement, il est recommandé de prévoir des tailles adaptées car le zoom prends plus de temps CPU et peut nuire à la fluidité de l’application. Le zoom automatique est donc désactivable dans Google TV.
  • mais il faut savoir que toutes les TV ont un overscan plus ou moins important ( pixels adressables par le matériels mais non affichés ), ce qui rend la détermination de la taille réelle utile compliquée. Si vous ne souhaitez pas calculer la taille au chargement de la page ou utiliser le zoom, vous pouvez raisonnablement compter sur les patrons suivants. Pour les résolutions de 720p ( 1280*720), prévoir un affichage réel de 1152*648 et pour les écrans en 1080p ( 1920*1080 )  n’utiliser qu’un espace de 1728*972,
  • n’utiliser pas trop de pages différentes: une page d’accueil, une page de catégorie et une page par article / contenu / video (cf. les modèles ),
  • pour la diffusion de la vidéo, et même s’il n’est ni libre , ni gratuit , le H264 est le format qui offre une bonne compatibilité avec les navigateurs d’aujourd’hui,
  • utilisez le blanc “pur” (“ffffff ) avec modération, cela peut faire un effet de flou, utiliser plutôt  #f1f1f1. Notez que le rouge et le orange sont les couleurs qui provoquent le plus de distortion.

via : techcrunch.com

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